Article
de presse :

Visiteur
connu :
PIERRE TERMIER (1859-1930)
Il consacre
l'été de 1892 à
l'exploration des Grandes-Rousses et en donne une monographie au
Service de la Carte géologique. Il en relève les
contours géologiques détaillés et
étudie un grand nombre de plaques minces de ses roches.
Pierre Termier
prenait gîte dans les hauts chalets et menait
la vie austère des bergers. C'est ainsi qu'il passa
plusieurs semaines au chalet de Sarenne à 2.000 m en un
site splendide d'où il contemplait longuement chaque soir la
Meije et le troupeau des cimes de l'Oisans dans le charme de l'heure
tardive. Ce séjour plus qu'aucun autre lui avait
laissé un lumineux souvenir.
« Le matin, avant de
partir, vite on courait à ce
balcon pour voir la Meije. Déception presque douloureuse
quand elle n'était pas là, quand elle
était invisible, cachée par un nuage...»
«
Le soir, quelle que fût notre fatigue, nous
revenions au balcon de Sarenne, avant de rentrer au chalet...
Bientôt la Meije était seule à
conserver la lumière, gardienne du feu, vestale
incorruptible, phare prodigieux au-dessus de la houle grise des sommets
éteints. Souvent aussi elle se voilait à demi
d'une écharpe de vapeurs légères.
Beauté presque divine, qui nous eût fait battre
des mains si le soir où nous la contemplions ainsi
eût été notre premier soir à
Sarenne. Maintenant, elle nous était devenue
familière ; notre extase était silencieuse et
nous restions muets et immobiles, comme dans une église au
moment le plus auguste du sacrifice. » (La Vocation du
Savant, pp. 133 et 135)